Quelle application pour parents séparés choisir ?

Chercher une application pour parents séparés mène surtout à des classements. On y trouve côte à côte des applications très différentes. Demandez-vous d'abord quel travail l'application doit faire.

Votre situationLe type d'application qui convient
Vous organisez la semaine, les vacances et les frais avec un ex qui joue le jeuUne application de coparentalité partagée
Les accords tiennent mal et un dossier JAF se prépareUne application privée pour vos propres notes datées
Les deux à la foisLes deux types, côte à côte

Parmi les applications partagées connues, on trouve 2houses, Shared, Kiido, 2forkids ou OurFamilyWizard. Elles sont surtout utiles quand les deux parents s'en servent. Fonctions et tarifs varient : vérifiez-les directement auprès de chaque éditeur.

Casewell est l'application privée du deuxième cas. Votre dossier n'appartient qu'à vous et ne dépend de la coopération de personne. Les applications de journal de garde et un exemple d'entrée figurent dans notre comparatif des applications de journal de garde.

  • Un planning des remises avec rappels. Vous saisissez les remises prévues et Casewell vous les rappelle. Vous seul voyez ce planning.
  • Noter ce qui s'est passé. Une remise en retard ou annulée se note tout de suite, avec la capture ou le reçu dans la même entrée.
  • Un PDF à imprimer ou à envoyer. Vous filtrez par période, enfant et catégorie, puis le transmettez à votre avocat, au médiateur ou au juge.

Ce que le juge lit vraiment

La résidence de l'enfant, le droit de visite et l'autorité parentale relèvent du juge aux affaires familiales (JAF), au tribunal judiciaire. Les demandes sont examinées en chambre du conseil, c'est-à-dire sans public (art. 1074 du code de procédure civile).

L'article 373-2-11 du code civil liste ce que le JAF prend notamment en compte.

Ce que le juge regardeCe qu'un bon journal peut montrer
Les habitudes des parents et leurs accords passésQui faisait quoi, avant et après la séparation
La capacité de chaque parent à respecter les droits de l'autreDes remises d'enfant datées, sans commentaire
Les pressions ou violences d'un parent sur l'autreDes faits précis, avec les messages reçus
Les sentiments exprimés par l'enfant lors de son auditionRien : l'enfant s'exprime auprès du juge, pas dans votre dossier
Les résultats d'une expertise ou d'une enquête socialeLes dates des rendez-vous et les documents reçus

La preuve peut être apportée par tout moyen (art. 1358 du code civil). Mais le juge apprécie librement la valeur d'un récit que vous avez écrit seul. Il pèse bien plus lorsqu'il s'appuie sur des pièces : SMS, courriels, certificats, factures, attestations.

Pour un dossier JAF, une bonne application sert d'abord à trier. Garder 3 000 captures d'écran est facile. Le plus dur est de retrouver les six entrées et les trois pièces qui prouvent un point. La page sur les rapports prêts pour le tribunal montre comment Casewell s'y prend.

Des entrées qui s'en tiennent aux faits

Un champ de texte vide ne vous aide pas. À 23 heures, après une remise qui s'est mal passée, il se remplit de colère et de suppositions. Une meilleure application pose les questions une à une : quand, qui était là, ce que vous avez vu ou entendu, et comment vous le savez.

Faites la différence entre un fait et un jugement.

  • Un fait : « Remise prévue à 17 h. L'autre parent est arrivé à 17 h 42. Aucun message avant. »
  • Un jugement : « Comme d'habitude, il se moque de tout le monde. »

Le premier se vérifie et s'appuie sur une capture d'écran. Le second vous dessert. Le code civil demande à chaque parent de respecter les liens de l'enfant avec l'autre parent (art. 373-2). La façon dont vous parlez de l'autre parent peut donc devenir un sujet en soi.

Pour les témoins, la forme compte aussi. Une attestation doit relater des faits que son auteur a vus ou constatés lui-même (art. 202 du code de procédure civile). Elle doit être écrite, datée et signée de sa main, avec une copie de sa pièce d'identité. Une fausse attestation est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende (art. 441-7 du code pénal).

Une note écrite le soir même, en mots simples, avec le message joint, vaut plus qu'un résumé refait de mémoire des mois après.

L'autre parent lira votre dossier

Partez de là pour chaque entrée. Les parties doivent se faire connaître mutuellement les preuves qu'elles produisent (art. 15 du code de procédure civile). Celui qui fait état d'une pièce doit la communiquer spontanément à l'autre partie (art. 132).

Le juge ne peut retenir que les documents dont les parties ont pu débattre (art. 16). Une pièce que l'autre parent n'a pas reçue risque donc d'être écartée.

Le principe vaut aussi pour les rapports ordonnés par le juge. Le rapport d'une enquête sociale est communiqué aux deux parents, qui peuvent demander un complément ou une nouvelle enquête (art. 1072 du code de procédure civile).

  • Écrivez pour deux lecteurs. Partez du principe que l'autre parent et le juge liront chaque entrée.
  • Distinguez ce que vous savez de ce qu'on vous a dit. Précisez qui vous l'a rapporté.
  • Voyez le PDF comme une copie de travail. Votre avocat choisit les pièces à produire. Un rapport Casewell indique aussi combien d'entrées correspondantes n'ont pas été retenues.

Des dates et des modifications qui résistent aux questions

Sur une note, on demande souvent d'abord : quand l'avez-vous écrite ? Une bonne application répond à cette question sur la page elle-même.

Vérifiez trois choses dans le PDF exporté.

  1. Deux dates par entrée. Quand l'événement a eu lieu et quand vous l'avez noté.
  2. Les dates approximatives signalées comme telles. Si vous ne connaissez que la semaine, la page doit le dire.
  3. Les modifications visibles. Corriger une faute de frappe est normal. On se méfie d'un dossier qui change sans laisser de trace.

Casewell imprime, pour chaque entrée exportée, la date de l'événement et la date de saisie. Si vous modifiez une entrée plus tard, le PDF l'indique avec le nombre de révisions enregistrées. Avant l'export, Casewell vous dit aussi combien d'entrées ont été ajoutées après le jour des faits. Vous pouvez ainsi expliquer ce délai avant qu'on vous le demande.

Enregistrements et réseaux sociaux : ce qui est interdit

Beaucoup de parents veulent enregistrer une remise d'enfant ou un appel. En France, c'est risqué. L'article 226-1 du code pénal punit le fait d'enregistrer, sans le consentement de leur auteur, des paroles prononcées à titre privé ou confidentiel.

La peine est d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. Elle passe à deux ans et 60 000 euros lorsque l'auteur est le conjoint, le concubin ou le partenaire de PACS de la victime. Le même article vise la géolocalisation d'une personne sans son consentement. Conserver ou diffuser un tel enregistrement est aussi puni (art. 226-2).

Depuis un arrêt du 22 décembre 2023, une preuve obtenue de façon déloyale n'est plus automatiquement écartée d'un procès civil. Le juge peut l'admettre si elle est indispensable et si l'atteinte aux droits de l'autre est strictement proportionnée. Cela reste l'exception, et le risque pénal demeure.

Publier est tout aussi risqué. Les parents protègent ensemble le droit à l'image de leur enfant (art. 372-1 du code civil). En cas de désaccord, le JAF peut interdire à un parent de diffuser tout contenu relatif à l'enfant sans l'accord de l'autre (art. 373-2-6).

Gardez donc votre dossier sur votre téléphone jusqu'à ce que vous l'exportiez. Envoyez les exports à votre avocat, jamais sur les réseaux sociaux ni dans un groupe de parents.

Application privée ou application de coparentalité partagée

Les deux types d'application pour parents séparés font des métiers différents. Beaucoup de parents finissent par utiliser les deux.

Une plateforme partagée comme OurFamilyWizard est conçue pour que les deux parents s'y inscrivent. Messages, calendrier et dépenses sont réunis dans un espace que chacun voit. Cela peut convenir aux parents capables de limiter leurs échanges du quotidien à un seul canal.

Une application de suivi privée est conçue pour un seul parent. Elle réunit vos notes, les pièces qui les appuient et vos propres dépenses. Elle fonctionne sans que personne d'autre ait à s'inscrire ou à garder un compte ouvert. Votre dossier n'appartient qu'à vous.

Les messages d'une plateforme partagée y sont déjà datés. Tout le reste a quand même besoin d'une place : une remise en retard, un appel de l'école, un rendez-vous médical ou un reçu. Dans une application privée, cela rejoint l'entrée concernée, avec la capture du message qui l'explique.

Ce qu'il faut laisser de côté après une médiation

Le JAF peut proposer une médiation familiale aux parents. Il peut aussi leur enjoindre de rencontrer un médiateur pour une séance d'information (art. 373-2-10 du code civil). Il ne le fait pas si des violences sont alléguées, ni en cas d'emprise manifeste d'un parent sur l'autre.

Ce qui est dit, écrit ou fait pendant une médiation est confidentiel, sauf accord contraire des parties (art. 1528-3 du code de procédure civile). La règle a des exceptions, notamment pour protéger l'intérêt supérieur de l'enfant ou l'intégrité d'une personne. Les documents qui existaient déjà et que vous avez montrés pendant la médiation ne deviennent pas confidentiels pour autant.

Notez donc qu'une séance a eu lieu, sa date, et si un accord a été trouvé. Laissez de côté ce qui s'est dit dans la pièce.

Où l'application garde vos données

Le RGPD s'applique aussi aux petites entreprises qui proposent leur application aux personnes situées dans l'Union européenne (art. 3). Les données de santé, comme un certificat médical de l'enfant, sont particulièrement protégées (art. 9). Vous avez un droit d'accès (art. 15) et un droit à la portabilité de vos données (art. 20).

Une loi ne dit pas comment une application est construite. Avant d'y mettre un certificat médical ou une inquiétude pour votre enfant, la politique de confidentialité doit répondre à quatre questions.

  1. Les entrées et les fichiers sont-ils stockés sur votre téléphone ou sur les serveurs de l'entreprise ?
  2. Quelqu'un dans l'entreprise peut-il les ouvrir ?
  3. Comment fonctionnent la sauvegarde et la restauration si votre téléphone est perdu ou remplacé ?
  4. Que pouvez-vous encore ouvrir ou exporter si vous arrêtez de payer ?

Casewell chiffre par défaut le contenu sensible des entrées et les pièces jointes importées dans son coffre sur l'appareil. Certains champs d'index non sensibles restent lisibles pour le tri et les filtres. Selon sa politique de confidentialité, le contenu des entrées n'est ni envoyé ni partagé automatiquement. Des services limités d'analyse, d'achat, d'assistance et d'IA optionnelle peuvent toutefois traiter des informations. Les exports sont partagés quand vous le décidez. Testez vous-même la sauvegarde de chaque application avant de vous y fier, Casewell compris.

Un test de deux semaines avant de vous engager

Casewell propose un essai gratuit de 14 jours. Utilisez les questions ci-dessous pour comparer la saisie, l’export et la confidentialité. Si une application propose un essai, faites ces tests pendant cette période ; sinon, demandez une démonstration à l’éditeur.

  1. Notez trois vrais événements de cette semaine. Joignez une capture d'écran à l'un et un reçu à un autre. Donnez au troisième une date approximative.
  2. Modifiez une entrée le lendemain.
  3. Exportez un enfant, une catégorie et une semaine en PDF.
  4. Ouvrez le PDF sur un ordinateur. Pourriez-vous le remettre tel quel à votre avocat, sans rien recopier ?
  5. Vérifiez que chaque entrée indique quand les faits ont eu lieu et quand ils ont été notés.
  6. Vérifiez que la modification de l'étape 2 est visible sur la page.
  7. Vérifiez que chaque fichier porte un nom, pour qu'il soit facile de le numéroter comme pièce.
  8. Lisez la politique de confidentialité à la lumière des quatre questions ci-dessus.

Utilisez ces questions pour comparer les fonctions, les exports et le traitement des données de chaque application. Apportez le PDF à un avocat en droit de la famille comme chronologie de travail. Si vos revenus sont modestes, renseignez-vous sur l'aide juridictionnelle. Laissez l'avocat décider des pièces à produire et de ce qui reste privé. Notre guide pour préparer le rendez-vous avec un avocat détaille ce qu'il faut apporter.

Un dossier privé, prêt pour votre avocat

Casewell garde chaque entrée datée avec la capture d'écran, le reçu ou le fichier qui l'appuie. Il indique quand les faits ont eu lieu et quand vous les avez notés, et signale les modifications. Quand il faut préparer le dossier, filtrez par période, enfant et catégorie, puis exportez un PDF ciblé pour votre avocat en droit de la famille.

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Quelle est la meilleure application pour parents séparés ?

Tout dépend de votre besoin. Pour s'organiser avec un ex qui coopère, une application partagée comme 2houses ou OurFamilyWizard convient. Pour tenir vos propres notes datées en vue d'un dossier JAF, une application privée comme Casewell convient. Beaucoup de parents utilisent les deux.

Existe-t-il une application gratuite pour parents séparés ?

Oui, il existe des applications gratuites et des versions de base gratuites. Vérifiez tarifs et fonctions directement auprès de l'éditeur. Casewell est payant, avec un essai gratuit de 14 jours.

Existe-t-il une application reconnue par le juge aux affaires familiales ?

Non. Le JAF n'agrée ni ne certifie aucune application de suivi. La preuve peut être apportée par tout moyen, et le juge en apprécie la valeur. Les mêmes règles s'appliquent quelle que soit l'application. Choisissez-la pour la qualité de ses exports et de ses pièces jointes.

L'autre parent verra-t-il les pièces que je produis ?

Oui. Celui qui fait état d'une pièce doit la communiquer spontanément à l'autre partie (art. 132 du code de procédure civile). Le juge ne retient que les documents dont les deux parents ont pu débattre. Écrivez chaque entrée comme si l'autre parent allait la lire.

Mon journal personnel suffit-il comme preuve ?

Rarement à lui seul. La preuve est libre, mais le juge apprécie la valeur d'un récit que vous avez écrit vous-même. Il pèse davantage avec des pièces : messages, courriels, certificats, factures ou attestations de témoins. C'est pourquoi chaque entrée devrait porter sa pièce jointe.

Puis-je enregistrer l'autre parent à son insu ?

C'est très risqué. Enregistrer des paroles privées sans le consentement de leur auteur est puni d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende (art. 226-1 du code pénal). La peine est plus lourde entre conjoints, concubins ou partenaires de PACS. Parlez-en à votre avocat avant tout enregistrement.

Puis-je publier des photos de mon enfant pendant la procédure ?

Prudence. Les parents protègent ensemble le droit à l'image de leur enfant (art. 372-1 du code civil). En cas de désaccord, le JAF peut interdire à un parent toute diffusion de contenu sur l'enfant sans l'accord de l'autre. Évitez aussi de publier quoi que ce soit sur l'affaire.

Dois-je noter ce qui s'est dit en médiation familiale ?

Notez la date de la séance et l'existence d'un accord, pas le contenu des échanges. Ce qui est dit en médiation est confidentiel, sauf accord contraire des parties (art. 1528-3 du code de procédure civile). Il existe des exceptions, notamment pour protéger l'intérêt de l'enfant.

Sources

Les règles citées s'appliquent devant le juge aux affaires familiales en France. Ce guide aide à organiser un dossier ; il ne remplace pas un conseil juridique.