Qu'est-ce qu'un dossier JAF ?
Le juge aux affaires familiales, ou JAF, est le juge du tribunal judiciaire qui tranche les désaccords sur les enfants après une séparation. Il fixe par exemple la résidence de l'enfant, le droit de visite et d'hébergement et la pension alimentaire.
Le dossier JAF réunit deux choses : votre demande écrite et les pièces qui l'appuient. Une pièce est un document que vous produisez pour prouver ce que vous dites. Chaque pièce porte un numéro.
Le juge ne connaît pas votre famille. Il découvre la situation à travers votre dossier et celui de l'autre parent. Un bon dossier répond donc à une question simple : que s'est-il passé, et quand ?
Ce guide porte sur les demandes concernant les enfants : autorité parentale, résidence, droit de visite et contribution à leur entretien. Le divorce suit d'autres règles, notamment sur l'avocat.
Le JAF est-il obligatoire en cas de séparation ?
Non. Des parents d'accord peuvent organiser seuls la vie de l'enfant. Ils peuvent aussi rédiger une convention parentale et demander au JAF de l'homologuer. Homologuer, c'est donner à l'accord la force d'une décision de justice (article 1143 du Code de procédure civile). Service-Public propose des modèles de convention.
Le JAF devient nécessaire quand vous n'êtes pas d'accord. Il tranche alors à la place des parents, en fonction de l'intérêt de l'enfant.
La médiation familiale reste possible avant ou pendant la procédure. Le juge peut la proposer. Il peut aussi enjoindre aux parents de rencontrer un médiateur pour une séance d'information (article 373-2-10 du Code civil). Il ne le fait pas si des violences sont alléguées ou en cas d'emprise manifeste d'un parent sur l'autre.
Quel motif pour saisir le JAF ?
Le juge n'attend pas une faute de l'autre parent. Il attend une demande claire et ses raisons. L'article 1137 du Code de procédure civile exige « l'objet de la demande et un exposé sommaire de ses motifs ».
Les demandes les plus courantes pour les enfants :
- Fixer la résidence de l'enfant, chez un parent ou en alternance (article 373-2-9 du Code civil).
- Organiser le droit de visite et d'hébergement de l'autre parent : jours, horaires, vacances, lieu de remise.
- Trancher un désaccord sur l'autorité parentale : école, santé, ou déménagement qui change l'organisation (article 373-2).
- Fixer ou modifier la pension alimentaire, appelée contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant.
- Modifier une décision existante. Le juge peut le faire à tout moment (article 373-2-13). Expliquez ce qui a changé depuis.
Soyez précis. « Résidence chez moi, visite un week-end sur deux, du vendredi 18 h au dimanche 18 h » vaut mieux que « la garde ».
Comment saisir le JAF : formulaire, en ligne ou assignation
Sans avocat, la voie habituelle est la requête. Une requête est une demande écrite déposée au tribunal. Le formulaire officiel est le Cerfa 11530*11.
Vous avez trois possibilités :
- Le formulaire papier, rempli puis déposé ou envoyé au greffe du tribunal judiciaire. Le greffe est le service administratif du tribunal.
- La demande en ligne sur justice.fr, avec FranceConnect, en joignant vos pièces (Service-Public).
- L'assignation, un acte remis à l'autre parent par un commissaire de justice (l'ancien huissier). En cas d'urgence justifiée, le juge peut autoriser une assignation à une date proche.
Le tribunal compétent est en principe celui du lieu où vit le parent chez qui l'enfant réside habituellement. Après une requête, le greffe convoque l'autre parent par lettre recommandée dans les quinze jours (article 1138). La date d'audience peut, elle, tomber plusieurs mois plus tard.
Le cerfa 15414 permet d'accepter de recevoir les avis du greffe par voie électronique. Gardez une copie complète de tout ce que vous déposez.
Combien coûte une demande au JAF ? La contribution de 50 €
Depuis le 1er mars 2026, une contribution pour l'aide juridique de 50 € est due pour engager une instance civile devant le tribunal judiciaire. Les demandes au JAF sont concernées (article 1635 bis Q du Code général des impôts).
Elle se paie en ligne, sous forme de timbre fiscal électronique (Service-Public). Vous joignez le justificatif à votre demande.
Elle n'est pas due dans plusieurs cas (BOFiP) :
- vous bénéficiez de l'aide juridictionnelle ;
- vous demandez seulement l'homologation d'une convention parentale ;
- vous demandez une ordonnance de protection en cas de violences.
Si le timbre manque, le greffe doit d'abord vous inviter à régulariser dans un délai d'un mois. Sans régularisation, la demande peut être déclarée irrecevable, c'est-à-dire rejetée sans examen.
Puis-je aller au JAF sans avocat ?
Oui. Devant le JAF, « les parties se défendent elles-mêmes » (article 1139 du Code de procédure civile). Vous pouvez vous faire assister ou représenter par un avocat, sans obligation. L'exception concerne la révision d'une prestation compensatoire.
L'aide juridictionnelle prend en charge tout ou partie des frais d'avocat, selon vos revenus (Service-Public). Aujourd'hui, une personne seule y a droit à 100 % si son revenu fiscal de référence ne dépasse pas 12 957 €. Des plafonds de patrimoine s'appliquent aussi.
La demande se fait en ligne ou par formulaire. Les frais engagés avant la décision du bureau d'aide juridictionnelle ne sont pas couverts. Faites-la donc tôt.
Même sans avocat, préparez une note écrite de vos demandes. Elle vous servira de fil à l'audience.
Les pièces obligatoires à joindre à la requête
Service-Public liste les documents à joindre à toute demande (fiche R15764) :
- Actes d'état civil : copie intégrale de votre acte de naissance et de celui de chaque enfant concerné, de moins de trois mois. Ajoutez votre acte de mariage de moins de trois mois ou votre livret de famille.
- Décisions de justice antérieures : jugement de divorce, décision du JAF ou du juge des enfants liée à votre situation.
- Pièce d'identité : carte d'identité ou passeport.
Selon la demande, ajoutez votre situation financière. Cela comprend un justificatif de domicile, le dernier avis d'imposition, la dernière déclaration de revenus, les trois derniers bulletins de salaire et les prestations sociales. Ces documents comptent surtout pour la pension alimentaire.
Le formulaire prévoit aussi « tout document justifiant les changements » qui vous amènent devant le juge. C'est là que commencent vos pièces de fond.
Ce que le juge prend en compte : l'article 373-2-11
Pour organiser l'autorité parentale, le juge prend « notamment » en considération six éléments (article 373-2-11 du Code civil). « Notamment » signifie que la liste n'est pas fermée. Elle donne pourtant le meilleur plan pour trier vos pièces.
- La pratique antérieure des parents et les accords qu'ils avaient conclus.
- Les sentiments exprimés par l'enfant, dans le cadre de son audition par le juge.
- L'aptitude de chaque parent à assumer ses devoirs et à respecter les droits de l'autre.
- Le résultat des expertises éventuelles, en tenant compte notamment de l'âge de l'enfant.
- Les renseignements des enquêtes sociales éventuelles (article 373-2-12). Une enquête sociale est un rapport rédigé par un professionnel désigné par le juge.
- Les pressions ou violences, physiques ou psychologiques, exercées par un parent sur l'autre.
Le juge veille avant tout aux intérêts de l'enfant (article 373-2-6). Chaque parent doit aussi maintenir des relations avec l'enfant et respecter ses liens avec l'autre parent (article 373-2).
La checklist plus bas range les pièces courantes sous chacun de ces points.
Pour une demande de résidence alternée, notre guide de la garde alternée détaille ces critères et les rythmes courants.
Quelle preuve pour le JAF ?
Pour établir des faits, la preuve « peut être apportée par tout moyen » (article 1358 du Code civil). Chaque partie doit prouver les faits utiles à sa demande (article 9 du Code de procédure civile). Le juge apprécie ensuite la valeur de chaque élément.
Les pièces les plus utiles sont souvent ordinaires :
- Messages et courriels sur l'organisation : remises, vacances, école, santé.
- Documents scolaires et médicaux : bulletins, absences, carnet de santé, comptes rendus.
- Justificatifs de dépenses pour l'enfant, avec la part remboursée ou non.
- Attestations de proches, d'enseignants ou d'animateurs qui ont vu les faits.
- Plaintes, mains courantes et certificats médicaux en cas de violences. Une main courante est une déclaration enregistrée par la police sans dépôt de plainte.
- Un calendrier réel du temps passé avec chaque parent.
Une capture d'écran isolée se conteste facilement. Gardez le fil complet, avec les dates, les heures et l'expéditeur visibles. Notre guide sur les SMS comme preuve détaille la méthode.
Un journal personnel daté a sa place, à une condition : chaque entrée doit renvoyer à une pièce vérifiable. Seul, il reste votre récit. Avec les messages, factures et attestations qui le confirment, il aide le juge à suivre les faits dans l'ordre.
Enregistrements, messages et loyauté de la preuve
Vous pouvez produire les messages que l'autre parent vous a envoyés. La question devient délicate quand une preuve a été obtenue à son insu ou de façon déloyale.
Depuis le 22 décembre 2023, une telle preuve n'est plus écartée automatiquement dans un procès civil (Cour de cassation, assemblée plénière, n° 20-20.648). Le juge met en balance le droit à la preuve et les droits de l'autre, comme la vie privée (article 9 du Code civil). La preuve doit être indispensable, et l'atteinte strictement proportionnée.
La Cour applique ce test aux litiges sur les enfants. Le 4 mars 2026, elle a censuré une cour d'appel qui avait écarté des enregistrements secrets sans vérifier s'ils étaient indispensables (n° 24-12.114). Le même jour, elle a approuvé le rejet d'un enregistrement partiel, jugé inexploitable et donc pas indispensable (n° 25-17.582).
Retenez trois limites :
- Une preuve admise n'est pas forcément convaincante. Un enregistrement coupé ou sorti de son contexte pèse peu.
- Enregistrer des paroles privées sans consentement peut être un délit. La peine encourue est d'un an de prison et de 45 000 € d'amende (article 226-1 du Code pénal). Les peines sont plus lourdes entre conjoints, concubins ou partenaires de Pacs.
- En divorce, un époux ne peut pas produire une preuve obtenue par violence ou par fraude (article 259-1 du Code civil).
Avant de produire un enregistrement ou des messages tirés du téléphone de l'autre parent, demandez conseil à un avocat.
Attestation de témoin pour le JAF : comment la rédiger
Une attestation est un témoignage écrit. Le témoin y relate des faits auxquels il a assisté ou qu'il a constatés lui-même (article 202 du Code de procédure civile). Ce qu'on lui a raconté ne compte pas.
Le témoin peut écrire sur papier libre ou utiliser le Cerfa 11527*03, gratuit. Le formulaire a l'avantage de rappeler toutes les mentions exigées. L'attestation doit :
- être écrite, datée et signée de la main du témoin ;
- indiquer ses nom, prénoms, date et lieu de naissance, adresse et profession ;
- préciser son lien avec les parents : famille, travail, intérêts communs ;
- mentionner qu'elle est établie pour être produite en justice ;
- indiquer que le témoin sait qu'une fausse attestation l'expose à des sanctions pénales ;
- être accompagnée d'une copie d'une pièce d'identité portant sa signature.
Une fausse attestation est punie d'un an de prison et de 15 000 € d'amende (article 441-7 du Code pénal). Le juge peut aussi convoquer le témoin pour l'entendre (article 203).
Un mineur ne peut pas rédiger d'attestation (Service-Public). Un proche peut témoigner, mais le juge pèse son témoignage au regard de ses liens avec vous. En divorce, les descendants ne peuvent jamais être entendus sur les griefs des époux (article 205).
Demandez au témoin un fait par paragraphe, avec la date et le lieu. Ses opinions sur « le bon parent » n'apportent rien.
La parole de l'enfant passe par l'audition
Un mineur capable de discernement peut être entendu par le juge ou par une personne désignée (article 388-1 du Code civil). Le discernement, c'est la maturité suffisante pour exprimer un avis. La loi ne fixe aucun âge.
L'audition est de droit quand l'enfant la demande. Il peut être entendu seul, avec un avocat ou avec une personne de son choix. Il ne devient pas partie au procès. Les parents doivent l'informer de ce droit (article 338-1 du Code de procédure civile).
L'article 373-2-11 vise d'ailleurs les sentiments exprimés par l'enfant « dans les conditions prévues à l'article 388-1 ». N'ajoutez donc pas au dossier :
- des lettres que l'enfant aurait écrites pour le juge ;
- des enregistrements ou vidéos de l'enfant parlant du conflit ;
- des propos obtenus en le questionnant ou sous pression.
Si votre enfant veut parler au juge, il peut le demander lui-même, sans formalité particulière (article 338-2). Si l'enfant vous confie spontanément quelque chose d'inquiétant, notez ses mots exacts, la date et le contexte, puis parlez-en à un professionnel.
Numéroter les pièces et préparer un bordereau
Sans avocat, aucun texte n'impose de présentation précise. Les usages des tribunaux sont pourtant constants, et ils facilitent la lecture du juge.
- Un numéro par pièce, de 1 à la dernière, sans trou. Écrivez « Pièce n° 12 » en haut de la première page.
- Une pièce, un sujet. Un fil de messages sur une remise forme une pièce. Quarante captures mélangées n'en forment pas une.
- Un ordre logique : l'état civil et les décisions d'abord, puis les pièces par thème ou par date.
- Un bordereau en tête du dossier. C'est la liste numérotée de toutes les pièces, avec leur date et une description courte.
- Trois exemplaires : un pour le juge, un pour l'autre parent, un pour vous.
Dans votre note d'audience, citez les numéros. Par exemple : « Les remises manquées sont listées en pièce n° 7. » Le juge retrouve alors l'élément en quelques secondes.
Le modèle de bordereau plus bas se copie tel quel.
Communiquer les pièces à l'autre parent
C'est l'étape la plus souvent oubliée sans avocat. Chaque partie doit faire connaître à l'autre, « en temps utile », les preuves qu'elle produit (article 15 du Code de procédure civile). Celui qui utilise une pièce doit la communiquer spontanément (article 132).
Le juge ne peut retenir que des documents dont les deux parties ont pu débattre (article 16). Il peut écarter une pièce communiquée trop tard (article 135). Il peut aussi renvoyer l'affaire à une autre audience et fixer un calendrier d'échange (article 446-2).
En pratique :
- envoyez une copie des pièces et du bordereau avant l'audience, par recommandé avec avis de réception ou en main propre contre signature ;
- gardez la preuve de l'envoi et la liste exacte de ce qui a été envoyé ;
- si l'autre parent a un avocat, adressez plutôt les pièces à cet avocat.
L'autre parent lira tout. Choisissez et rédigez vos pièces en conséquence. Si votre adresse est protégée par une ordonnance de protection, vérifiez qu'elle n'apparaît sur aucune copie.
L'audience JAF : comment elle se passe
L'audience a lieu en chambre du conseil, c'est-à-dire hors de la présence du public (article 1074 du Code de procédure civile). La procédure est orale (article 1140). Vous présentez vos demandes et vos arguments de vive voix. Vous pouvez vous référer à un écrit (article 446-1).
À apporter :
- la convocation et votre pièce d'identité ;
- vos pièces numérotées et le bordereau, en plusieurs exemplaires ;
- les originaux des pièces importantes ;
- une note d'une ou deux pages : vos demandes précises, puis les faits clés avec les numéros de pièces ;
- la preuve que l'autre parent a reçu vos pièces.
Le temps de parole est limité. Commencez par ce que vous demandez, puis par les trois ou quatre faits qui le justifient. Parlez du quotidien de l'enfant plutôt que des défauts de l'autre parent.
Le juge peut statuer tout de suite ou rendre sa décision à une date ultérieure. On parle alors de mise en délibéré. Il peut aussi ordonner une enquête sociale ou une expertise, ou proposer une médiation. Il peut fixer une résidence alternée à titre provisoire, ou un droit de visite dans un espace de rencontre (article 373-2-9).
Ce que montrent les chiffres
En 2024, les JAF ont reçu 189 300 demandes concernant des enfants mineurs après une séparation (Références statistiques Justice 2025, fiche 5.3). C'est presque autant qu'en 2023. Près de quatre demandes sur cinq (79 %) venaient de parents non mariés.
Les juges ont rendu environ 176 000 décisions sur ces questions, en 7,4 mois en moyenne. Parmi elles, 67 % sont des acceptations de la demande et 6 % des rejets. Les autres ont constaté un accord des parents (9 %), un désistement (5 %) ou une autre fin.
En 2024, 124 554 missions d'avocats devant le JAF ont été payées par l'aide juridictionnelle (Chiffres clés de la Justice 2025). Cela représente environ un quart des missions d'aide juridictionnelle en matière civile.
Une moyenne ne prédit pas votre délai. Notre article sur la durée des procédures relatives aux enfants détaille ces chiffres.
Tenir un dossier à jour entre deux audiences
Un dossier se construit mieux au fil des semaines qu'à la veille de l'audience. Notez chaque fait le jour où il arrive : la remise prévue, ce qui s'est passé, le message reçu, la dépense payée.
Casewell est un journal de suivi privé sur votre téléphone, sur iOS et Android. Chaque entrée porte une date, une catégorie et ses pièces jointes : photos, captures, reçus, notes vocales. L'export produit un rapport PDF chronologique, filtré par période, enfant et catégorie. Il contient un index des événements, le total des dépenses et une annexe des pièces jointes.
Si vous corrigez une entrée, l'historique des versions est conservé et le PDF le signale. Ce PDF peut devenir une pièce de votre dossier ou servir de base à votre bordereau. Il aide votre avocat, un médiateur ou le juge à suivre les faits, sans rien garantir sur l'issue.
Pour la méthode générale, voyez comment organiser ses preuves et la checklist des preuves.
Checklist des pièces du dossier JAF, rangées selon l'article 373-2-11
Cochez ce que vous avez. Une ligne vide n'est pas un problème : ne produisez que ce qui sert votre demande.
Modèle de bordereau de pièces
Copiez ce modèle et complétez une ligne par pièce. Placez-le en tête de chaque exemplaire du dossier.
BORDEREAU DES PIÈCES COMMUNIQUÉES
Tribunal judiciaire de :
Juge aux affaires familiales
Affaire : [votre nom] / [nom de l'autre parent]
Audience du :
Pièces communiquées par :
Date d'envoi à l'autre parent :
N° | Date | Description de la pièce
1 | | Copie intégrale de l'acte de naissance de [enfant], moins de 3 mois
2 | | Livret de famille
3 | | Décision antérieure du [date]
4 | | Calendrier des remises du [date] au [date]
5 | | Messages du [date], fil complet
6 | | Attestation de [nom], avec copie de sa pièce d'identité
7 | | Justificatifs des frais de l'enfant du [date] au [date]- Description utile
Pièce n° 5 : SMS du 14 octobre 2025, de 17 h 02 à 17 h 40, fil complet sur la remise annulée (3 pages).
- Description trop vague
Pièce n° 5 : preuves de son comportement (40 pages).
Les étapes, de la requête à la décision
Voici le déroulement habituel d'une demande au JAF sans avocat.
Tentative d'accord entre parents, éventuellement avec un médiateur familial.
Requête Cerfa 11530*11, en ligne ou au greffe, avec les pièces obligatoires et le timbre de 50 €.
Convocation de l'autre parent par le greffe, par lettre recommandée.
Envoi des pièces et du bordereau à l'autre parent avant l'audience.
Audience orale en chambre du conseil, avec votre note et vos pièces.
Décision immédiate ou après délibéré, parfois après une enquête sociale ou une médiation.
Préparer vos pièces avec Casewell
Casewell est un journal privé sur votre téléphone. Vous notez les remises, les incidents, les messages et les dépenses avec leur date et leurs justificatifs. Exportez ensuite la période voulue en PDF : index des événements, total des dépenses et annexe des pièces jointes. Votre avocat, un médiateur ou le juge suit ainsi les faits dans l'ordre.
Essayer gratuitementComment constituer un dossier pour le JAF ?
Réunissez d'abord les pièces obligatoires : état civil de moins de trois mois, pièce d'identité et décisions antérieures. Ajoutez les pièces qui prouvent vos faits, classées selon les critères de l'article 373-2-11 du Code civil. Numérotez-les, faites un bordereau et envoyez une copie à l'autre parent avant l'audience.
Comment faire une attestation pour le JAF ?
Le témoin remplit à la main le Cerfa 11527*03, ou écrit une lettre manuscrite avec les mêmes mentions. Il décrit seulement ce qu'il a vu ou constaté, date, signe et joint une copie de sa pièce d'identité. Vous produisez ensuite l'attestation comme une pièce numérotée.
Combien coûte une demande au JAF ?
Depuis le 1er mars 2026, une contribution de 50 € est due. Elle ne l'est pas en cas d'aide juridictionnelle, d'homologation d'une convention parentale ou d'ordonnance de protection. L'avocat n'est pas obligatoire, et l'aide juridictionnelle peut couvrir ses honoraires selon vos revenus.
Peut-on ajouter des pièces après le dépôt de la requête ?
Oui. La procédure est orale, donc vous pouvez produire de nouvelles pièces jusqu'à l'audience, sauf calendrier fixé par le juge. Communiquez-les assez tôt à l'autre parent pour qu'il puisse répondre. Sinon, le juge peut les écarter ou renvoyer l'affaire.
Mon enfant peut-il écrire au juge ?
Votre enfant peut demander à être entendu, sans formalité particulière, par exemple par un courrier au juge. Cette démarche doit venir de lui. Ne lui demandez pas d'écrire sur le conflit et ne joignez pas ses lettres à vos pièces.
Une capture d'écran de SMS suffit-elle ?
Une capture peut constituer une pièce, mais une capture isolée se conteste facilement. Gardez le fil complet avec les dates, les heures et le nom de l'expéditeur. Conservez le téléphone ou une sauvegarde, et numérotez chaque fil comme une pièce.
Sources
- Service-Public : demande au juge aux affaires familiales, Cerfa 11530*11
- Service-Public : requête au juge aux affaires familiales en ligne
- Service-Public : modèle d'attestation de témoin, Cerfa 11527*03
- Code de procédure civile : articles 1137 à 1140, procédure devant le JAF
- Code de procédure civile : articles 15, 16, 132 et 135, communication des pièces
- Code de procédure civile : articles 200 à 205, attestations et témoins
- Code civil : article 373-2-11, critères pris en compte par le juge
- Code civil : article 388-1, audition de l'enfant
- BOFiP : contribution pour l'aide juridique (article 1635 bis Q du CGI)
- Service-Public : aide juridictionnelle
- Cour de cassation, assemblée plénière, 22 décembre 2023, n° 20-20.648
- Cour de cassation, 1re chambre civile, 4 mars 2026, n° 24-12.114
- Ministère de la Justice : Références statistiques Justice 2025, fiche 5.3
- Ministère de la Justice : Les chiffres clés de la Justice 2025

